Le 23 septembre 2026 à Londres, Bentley a dévoilé la Torcal, sa première voiture 100 % électrique et sa quatrième ligne de modèles. Un SUV de cinq mètres dessiné, développé et construit à Crewe, jusqu’à 888 ch et 1 350 Nm, 600 km d’autonomie WLTP. Et une idée fixe : que la technologie serve la Bentley, jamais l’inverse.
Une Bentley avant d’être une électrique
Il y a des lancements qui se contentent d’ajouter une ligne au catalogue. Celui-ci engage la maison pour les décennies à venir. Bentley présente la Torcal comme le modèle de référence de ses futures voitures, quelle que soit leur motorisation, et elle rejoint une gamme déjà thermique et hybride pour compléter ce que Crewe appelle le « luxe du choix ».
Dr. Frank-Steffen Walliser, président-directeur général de Bentley, ne ménage pas ses mots : « La Torcal est avant tout une Bentley, fabriquée à la main par des gens qui y tiennent, avec les meilleurs matériaux et les meilleures technologies disponibles pour marier l’héritage et l’innovation de pointe. Je crois que c’est l’une des meilleures Bentley jamais construites. »
La voiture est conçue et assemblée à Crewe, avec un réseau de fournisseurs britanniques. Un investissement industriel que la marque présente comme significatif pour la production outre-Manche.
Un dessin qui se lit en quatre temps
Sous la direction de Robin Page, directeur du design, l’équipe de Crewe a tracé un SUV bas et effilé, porteur d’un nouveau langage stylistique. « Quand nous dessinons une Bentley, nous tenons compte de la manière dont on perçoit naturellement un objet. On ne découvre pas une voiture d’un seul coup. Il y a une hiérarchie dans ce que l’on voit et comprend, que nous décrivons à travers quatre lectures », explique-t-il.
La première lecture, ce sont les proportions : empattement long, porte-à-faux courts, capot interminable. La deuxième, la signature graphique, avec une calandre en diamant illuminée qui fait écho à la Continental T. La troisième, les surfaces, volontairement dépouillées, jusqu’aux hanches arrière musclées que les designers surnomment la « bête au repos ». La quatrième, le détail : le motif diamant revient partout, parfois franc, parfois abstrait dans une texture.
La Torcal inaugure aussi le nouvel emblème Bentley, redessiné et révélé l’an dernier.
Combien de chevaux pour la Bentley Torcal ?
Deux versions sont proposées au lancement. La Torcal délivre 821 ch et 1 194 Nm, abat le 0 à 100 km/h en 3,4 secondes et plafonne à 250 km/h. La Torcal S monte à 888 ch et 1 350 Nm avec le Launch Control, soit le couple le plus élevé jamais obtenu sur une Bentley : 0 à 100 km/h en 2,9 secondes, 260 km/h en pointe.
Le détail qui en dit long : Bentley aurait pu aller plus loin, et ne l’a pas voulu. Selon la marque, la plupart de ses clients jugent inconfortable une accélération plus violente. La puissance est donc là, mais progressive, sans coup de poing dans le dos.
Deux moteurs synchrones à aimants permanents se partagent le travail, le moteur arrière recevant un différentiel à blocage. La batterie de 113 kWh nets fonctionne en 800 volts et bénéficie d’une garantie de dix ans ou 100 000 miles (environ 160 000 km). Sur une borne de 400 kW, sept minutes suffisent pour récupérer 161 km d’autonomie, et la recharge de 10 à 80 % prend un peu moins de 20 minutes.
Le tapis volant, version active
Première sur une Bentley, la suspension est entièrement active. Chaque amortisseur peut être relevé ou abaissé indépendamment et instantanément, ce qui supprime les barres antiroulis. Les quatre roues directrices, de série, braquent jusqu’à cinq degrés à l’arrière et réduisent le diamètre de braquage à 11,1 mètres. En option, le freinage carbone-céramique adopte des disques avant de 440 mm, les plus grands du monde à égalité avec d’autres Bentley.
Crewe résume l’ambition en une phrase : aussi confortable qu’une Flying Spur, aussi dynamique qu’une Continental GT Speed.
Avec cinq mètres de long, la Torcal est la plus courte des quatre-portes de la gamme. Elle offre pourtant un coffre de 460 litres complété par 90 litres à l’avant, quatre portes motorisées qui s’ouvrent et se ferment seules, et un toit en verre commutable baptisé Frosted Diamond.
Le son d’un V8 joué par des musiciens
C’est sans doute l’idée la plus singulière du projet. Plutôt que d’imiter électroniquement un moteur, les ingénieurs ont constaté que le rythme du V8 Bentley de 6¾ litres faisait l’essentiel de son charme. Ils l’ont fait rejouer par de vrais musiciens, avec batterie, alto et basse. Le résultat, la Bentley Dynamic Symphony, garde ses petites imperfections humaines et varie selon le couple demandé et la vitesse. Plus présente en mode Sport, elle se coupe entièrement pour qui préfère le silence.
Le souci du détail va plus loin. Le clignotant reprend le bruit d’un marteau frappant un cuir, enregistré dans les ateliers de sellerie de Crewe. L’écran tactile répond par le tintement d’un verre en cristal. Et pour la musique, la vraie, le système Naim aligne 1 780 watts, 28 haut-parleurs et le Dolby Atmos 7.1.
Laine mérinos et noyer ombré : l’atelier s’agrandit
L’habitacle reprend l’architecture en ailes du tableau de bord Bentley, les aérateurs en œil-de-bœuf et les commandes physiques moletées. Mais la palette de matières s’élargit comme jamais. Avec Fox Brothers, tisserand du Somerset actif depuis le XVIIIe siècle, Bentley a mis au point le premier tissu automobile en laine mérinos 100 %, également le premier certifié Responsible Wool Standard.
Mulliner signe deux finitions inédites. Le noyer Ombré Walnut assemble jusqu’à 1 000 couches de chutes de noyer et de papier recyclé, pressées puis tranchées à moins d’un millimètre, dans un dégradé qui va du noir profond au fumé clair. L’aluminium Sunburst réinterprète les planches de bord guillochées des Bentley d’autrefois. S’y ajoutent 15 teintes de cuir, dont les nouvelles Teal, Terra et Glaze.
Quatre modes d’ambiance règlent lumière, son, climat et affichage : Bentley, Comfort (avec une option de détox numérique qui masque tout sauf l’essentiel), Sport et Refresh.
Torcal ou Torcal S : quelles différences ?
Au-delà des chiffres, la S se reconnaît à ses chromes noirs, ses feux arrière fumés, son diffuseur, ses étriers rouges, ses jantes de 22 pouces de série et sa sellerie au motif dédié, avec placage Piano noir. La Torcal standard reçoit des jantes de 21 pouces, des finitions argent satiné et un noyer à pores ouverts.
« La Torcal représente quelque chose de nouveau, et je pense unique. Elle a été conçue avec beaucoup de soin pour rester une Bentley jusqu’au bout, sublimée plutôt que dominée par la technologie. » Martin Page, directeur de la ligne de produit Torcal




















