Automobile

LA ROUTE DU SUCCÈS DE SUPERCAR BLONDIE

Avec plus de 55 millions de followers, Alexandra Mary Hirschi, alias Supercar Blondie, est la plus grande personnalité féminine des médias sociaux automobiles au monde. Pour Premium, elle explique pourquoi ses fans embarquent chaque jour avec elle dans ses aventures.

À l’époque où elle roulait au volant de sa Mitsubishi Lancer sur les routes australiennes, Alexandra Mary Hirschi était loin de se douter qu’elle partagerait un jour sa passion pour l’automobile avec plus de 8 millions de fans. Un destin qu’elle a sans doute influencé quand elle décide de quitter en 2008 sa ville de Brisbane pour voyager et travailler à l’étranger.       

PREMIUM : Comment êtes-vous parvenue à atteindre vos millions de followers ? Quel a été le déclencheur ?

Supercar Blondie : J’ai été animatrice dans une station de radio à Dubaï. À l’époque, je n’avais que 300 followers sur Instagram, juste mes amis, ma famille et mes contacts. Je couvrais les nouvelles locales, des lancements de nouveaux modèles de voitures par exemple. Comme j’ai toujours aimé conduire, j’étais toujours la première à lever la main pour aller couvrir ce type d’événements. Chaque fois que j’avais la chance de me trouver à proximité d’une belle voiture, je capturais mon expérience. La différence avec les autres vidéos, c’est que je filmais la voiture du point de vue d’un profane, au lieu de parler de son aspect mécanique. Je montrais toutes ses caractéristiques visuelles. Ainsi, elle ne s’adressait pas seulement aux fous d’automobiles mais à un public beaucoup plus large. J’ai commencé sur Instagram, en publiant des vidéos aussi souvent que possible. Chaque week-end et chaque jour de la semaine après le travail : je tournais, je montais et je les publiais. Au bout d’un an environ, j’avais déjà gagné 50 000 euros sur Instagram. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à obtenir des contrats avec des marques et que j’ai réalisé que cela pouvait potentiellement devenir un travail. J’ai alors lancé mes comptes Facebook, Youtube, TikTok et Snapchat professionnels. Je me suis concentrée sur la production de vidéos sur mesure pour chaque chaîne : pour un seul modèle, j’en filmais au moins 3 différentes. J’ai abandonné ma carrière, quitté un emploi stable et un salaire mensuel pour me lancer dans l’aventure. Je n’ai jamais travaillé aussi dur et aussi longtemps que ces trois dernières années. Un an après avoir quitté mon travail, mon mari a quitté le sien pour me rejoindre à plein temps. Trois ans plus tard, notre équipe compte sept personnes et nous espérons continuer à nous développer cette année.

PREMIUM : Que faisiez-vous avant de devenir Supercar Blondie ?

S. B. : J’ai eu beaucoup d’emplois différents. J’ai fait des études de commerce et de journalisme en Australie et je voulais faire quelque chose dans le domaine de la télévision ou de la radio. J’ai déménagé à Dubaï juste après l’université. Ce n’était pas le moment idéal pour obtenir un diplôme, car nous étions en 2009 et la crise financière a frappé quelques mois après notre arrivée dans la ville. J’ai donc cherché tous les emplois possibles pour travailler en free-lance. C’était surtout des reportages, je me suis même essayée au mannequinat car je devais payer les factures. Nous avons ensuite déménagé à Singapour où j’ai obtenu mon premier contrat en tant qu’animatrice de télévision. Peu après, je suis retournée à Dubaï et je n’ai rien trouvé dans le journalisme à cause du nombre limité de chaînes d’informations anglophones. J’ai donc été réceptionniste dans une banque pendant quelques années. Après cela, j’ai démissionné et j’ai finalement trouvé un emploi dans le journalisme en tant que présentatrice de nouvelles. Quelques années de travail en free-lance puis on m’a proposé le poste d’animatrice radio. Au bout de trois ans, j’ai démissionné pour lancer Supercar Blondie.

PREMIUM : Quelle est votre plus belle expérience ou rencontre ? Et a contrario la plus mauvaise ?

S. B. : J’ai vécu tellement d’expériences incroyables qu’il est difficile de n’en citer qu’une seule. J’ai pu conduire les voitures les plus chères et les plus rares au monde. Je n’arrive toujours pas à y croire quand je suis assise au volant d’une voiture qui vaut plusieurs millions de dollars, ça me procure tellement de joie ! L’une de mes meilleures expériences a été celle qui m’a fait réaliser que je devais abandonner ma carrière à la radio. On m’avait invitée à un week-end dans les Émirats Arabes Unis et prêté une Ferrari pour participer à un rassemblement d’une centaine de propriétaires de supercars dans une station balnéaire près de la frontière saoudienne. C’était un voyage épique, nous avions des routes droites ouvertes avec une escorte de police à l’avant et à l’arrière du peloton, ainsi qu’une escorte d’hélicoptères de la police au-dessus. Ce que j’aime aux EAU, c’est qu’ils n’essaient pas d’empêcher les propriétaires de supercars de s’amuser. Au contraire, la police est toujours prête à aider et à s’assurer que cela se fait en toute sécurité. Après cet événement, je suis rentrée chez moi et j’ai téléphoné à mon patron pour lui dire qu’il était temps que nous nous séparions. Je n’ai pas regardé en arrière depuis. Puis il y a eu cette fois où j’ai conduit à Londres un concept car cool, mais comme elle n’avait pas de toit, j’ai dû tenir un parapluie en même temps. C’était quelque chose que je n’oublierai jamais. Les passants non plus 😉 ! Une autre fois, à New York, quand je filmais mon émission TV, je trainais une voiture caméra dans les rues. La police était présente sur les lieux, les fans me reconnaissaient et criaient de tous les côtés. C’était juste un moment épique. Il y a quelque chose de spécial à filmer en Amérique, c’est ce qu’on regarde depuis tout petit à la télévision. Prendre part et faire partie du monde du divertissement dans le pays ou naissent ces créations est une expérience géniale.

La pire expérience ? Honnêtement, je n’en ai aucune qui me vienne à l’esprit. Je n’ai jamais eu d’accident, mais j’ai fait caler un concept car au milieu d’un trafic intense, ce qui n’était pas le meilleur endroit (rires).

PREMIUM : Puisque vous n’êtes pas une vraie journaliste automobile, qu’est-ce que vos fans aiment dans vos vidéos ?

S. B. : Pendant de nombreuses années, nous n’avons entendu parler des voitures que par des journalistes spécialisés, ce qui est formidable, mais cela a isolé un public beaucoup plus large qui ne comprend pas le jargon automobile, mais qui s’intéresse également aux voitures. Mon objectif est de toujours en parler d’une manière accessible pour tous. La raison pour laquelle cela fonctionne est que je raconte mes histoires visuellement. Moins je parle, mieux c’est. Vous n’avez que 3 secondes pour capter l’attention de quelqu’un sur les médias sociaux, donc si vous ne faites que parler à la caméra, vous les avez déjà perdus. Beaucoup de gens n’ont pas le son lorsqu’ils font défiler leur flux, donc vous ne pouvez pas vous fier à vos connaissances pour capter un public. Vous devez compter sur le fait de raconter une histoire par le biais des images.

PREMIUM : Est-ce que vous pensez avoir contribué à faire accepter la femme dans le domaine généralement masculin de l’automobile ?

S. B. : Je n’ai jamais voulu que cela se produise, mais, au fur et à mesure que j’ai renforcé ma présence dans le monde de l’automobile, j’ai réalisé que c’est inconsciemment ce qui se passait. Le chemin n’a pas été facile et j’ai dû faire face à beaucoup de critiques et de haine en cours de route. L’une des choses qui m’ont permis de continuer à avancer : lorsque j’allais à des événements, j’avais toujours des femmes qui venaient me voir et me disaient qu’elles ne se sentaient plus aussi bizarres d’être la seule fille dans leur classe à l’université qui aimait l’automobile. C’est un sentiment incroyable que de faire en sorte que certaines femmes se sentent mieux acceptées. Mais comme je l’ai dit, cela n’a jamais vraiment été mon intention, je voulais juste être proche des voitures.

PREMIUM : En toute franchise, avez-vous une préférence dans les marques automobiles ?

S. B. : J’en ai quelques-unes. Il n’y a pas une seule marque de voiture qui réponde à tous mes désirs en matière de voiture. J’aime les Lamborghini, les Bugatti, les Rolls Royce et les Koenigsegg. C’est probablement mon top 4.

PREMIUM : Les hommes qui aiment les belles mécaniques aiment également l’horlogerie Suisse, est-ce que vous avez des montres de luxe ?

S. B. : Hahaha… en fait mon mari est suisse, donc oui. Il y a une collection de montres qui se forme dans la maison. Il a toujours aimé les montres et vous avez raison, elles vont de pair avec les voitures de luxe. Maintenant, nous partageons une collection d’AP, Rolex, Patek et quelques autres marques de ‘bling’ comme Frank Muller.

PREMIUM : Quelles sont vos autres passions ?

S. B. : Honnêtement, je n’ai pas beaucoup de temps pour autre chose en ce moment. Je filme constamment pour mes chaînes et je construis l’entreprise. Mais j’aime aussi chanter,  passer du temps avec ma soeur et mon beau-frère à Dubaï et jouer avec mes chiens. J’en ai adopté deux de sauvetage au cours de l’année dernière. S’il y a un autre confinement, j’ai peur de devoir agrandir le clan 😉

PREMIUM : Avez-vous déjà pensé à faire des vidéos sur d’autres sujets que les supercars ?

S. B. : Les supercars sont ma passion et maintenant, c’est mon affaire. J’ai élargi à d’autres voitures que les supercars et les hypercars, mais je dois rester fidèle à ma marque de fabrique. Je travaille actuellement sur d’autres projets mais tous seront principalement axés sur les voitures.

PREMIUM : Quels sont vos projets pour le futur ?

S. B. : J’ai une annonce passionnante à faire bientôt concernant une voiture que je vais recevoir. Je fais équipe avec une entreprise pour cela. Il y aura bientôt plus de détails. J’ai également des projets pour une autre émission de télévision, quelque chose dans le monde de la musique et une implication dans une œuvre de bienfaisance.

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