Lifestyle

PREMIUM : Men of the year 2020

Grâce à leur talent et leur audace, 2020 a été l'année de la révélation pour ces gentlemen extraordinaires. Premium leur rend hommage car ils nous permettent de croire que rien n'est impossible.
Photo : Mercedes AMG F1

SPORT / LEWIS HAMILTON
Lewis, le recordman
Cette année, le prodige Lewis Hamilton a détrôné le roi Michael Schumacher en ajoutant une 92ème victoire à son palmarès.

Lewis Hamilton est né le 7 janvier 1985 à Stevenage, en Angleterre. À l’âge de huit ans, il s’asseoit pour la première fois dans un kart et est immédiatement piqué par le virus de la course. Mercedes-Benz détecte rapidement l’énorme talent du jeune britannique, devenant l’un de ses sponsors dès le début de sa carrière.
Lewis fait preuve d’un rythme incroyable sur la piste, mais également pour gravir les échelons de sa carrière. Après avoir dominé la compétition dans toutes les catégories de karting et remporté la série des « Champions of the Future » de McLaren Mercedes, l’écurie l’inscrit à son programme pour jeunes pilotes en 1997. En 2001, il passe à la Formule Renault britannique, dont il remporte le titre deux ans plus tard. La série de victoires de Lewis se poursuit sans relâche en Formule 3 Euro Series. Il est couronné champion junior alors qu’il n’est encore que dans sa deuxième année et progresse ensuite vers la série GP2 avec le Grand Prix ART. Malgré son statut de débutant, le britannique domine le championnat, remportant cinq victoires sur son chemin vers le titre. Ce succès le conduit immédiatement à être promu au sommet de la course automobile, la Formule 1.
Lewis fait ses débuts en Grand Prix avec McLaren Mercedes le 18 mars 2007 en tant que coéquipier du champion du monde en titre Fernando Alonso, alors qu’il n’a que 22 ans. Malgré son jeune âge, il reste en lice pour le titre jusqu’à la fin de la saison au Brésil, défiant des pilotes de haut niveau ayant beaucoup plus d’expérience. Les nombreux records qu’il établit lors de sa première saison mettent en évidence sa classe – notamment le plus grand nombre de victoires, de pole positions et de points marqués lors d’une première saison.
Ce qui avait déjà été une carrière extraordinaire atteint de nouveaux sommets en 2008, avec un premier titre de champion du monde de Formule 1. Au moment de sa victoire, Lewis avait 23 ans, 9 mois et 26 jours, ce qui en fait le plus jeune champion du monde de Formule 1 de l’histoire. Ce fut sans aucun doute l’une des plus grandes victoires de l’histoire de la F1, le champion s’étant assuré le titre dans le dernier tour de la dernière course au Brésil, après un dépassement tardif pour la cinquième place.
Quatre ans plus tard, après six saisons réussies avec McLaren Mercedes, Lewis cherche un nouveau défi – rejoindre l’équipe Mercedes pour la saison 2013. Il obtient son premier podium dans une voiture de Formule 1 Mercedes lors de sa deuxième course avec l’équipe, au Grand Prix de Malaisie. Une première victoire suit huit courses plus tard en Hongrie, l’aidant à terminer la saison à la quatrième place du classement général des pilotes. 2014 a marqué l’aube d’une nouvelle ère pour la Formule 1 – et une deuxième couronne de champion du monde des pilotes pour Lewis, après avoir remporté 11 victoires et 16 podiums en cours de route. La bataille qui a duré toute la saison avec son coéquipier Nico Rosberg s’est terminée de manière spectaculaire au Grand Prix d’Abu Dhabi. La saison suivante, le pilote défend son titre de manière dominante, avec 10 victoires et 17 podiums au total, en route vers sa troisième couronne de pilote, à égalité avec le grand Ayrton Senna et son compatriote Sir Jackie Stewart. Lewis atteint un niveau de réussite similaire lors de la saison 2016, en remportant le plus grand nombre de victoires (10) et de pole positions (12) de tous les pilotes. Le britannique a conservé ses espoirs de championnat du monde jusqu’au dernier week-end de la saison à Abu Dhabi, mais il a finalement dû se contenter de la deuxième place derrière son coéquipier Nico. Pour 2017, il subit la pression de Sebastian Vettel, qui le suit pendant la première partie de la saison avant qu’une superbe remontée ne le propulse en tête du Championnat lors du Grand Prix d’Italie. Lewis remporte son quatrième titre mondial au Mexique à deux tours de l’arrivée et termine l’année avec le plus grand nombre de victoires (10) et de pole positions (11) de tous les pilotes.
La saison suivante s’avère intense, Lewis et la Vettel de Ferrari s’échangent les premières places du classement 2018. Mais il prend le commandement de la bataille pour le titre au second semestre, s’assurant son cinquième championnat des pilotes au Mexique et terminant l’année avec 11 victoires et 17 podiums.
La carrière de Lewis atteint de nouveaux sommets en 2019. Au Grand Prix des États-Unis, à deux tours de la fin, il remporte son sixième titre de champion de F1. Lewis a égalé le plus grand nombre de victoires (11) et de podiums (17) qu’il ait jamais obtenus en une saison, tout en marquant le plus de points (413). Le Grand Prix d’Abu Dhabi 2019 a été le 250e départ de Lewis en Formule 1. Il a remporté 84 de ces courses, a obtenu 88 pole positions et 150 places sur le podium. Sa victoire au Grand Prix du Portugal lui a valu de tomber le record absolu des victoires en formule 1 avec 92 victoires et dépasser ainsi l’Allemand Michael Schumacher.

Photo : SpaceX

BUSINESS / ELON MUSK
Le musk de la high tech
Tesla, SpaceX, Neuralink ou encore The Boring Company, Elon Musk impressionne par sa capacité à innover et à nous transporter dans son univers tech.

Visionnaire, arrogant, illuminé… Les adjectifs — élogieux ou péjoratifs — ne manquent pas pour décrire Elon Musk, l’entrepreneur touche-à-tout. Fils d’un ingénieur en astromécanique sud-africain et d’une mannequin diététicienne d’origine canadienne, Elon Reeve Musk grandit à Pretoria, en Afrique du Sud, dans les années 1970. En plein apartheid.
À l’âge où les jeunes garçons de 12 ans s’entichent des super-héros, des sportifs collectifs et des jeux en tous genres, le blondinet prodige crée son propre jeu vidéo : blastar. Ce jeu d’arcade, inspiré de Space Invaders, de combats spatiaux avait pour objectif de détruire les navires aliens avec des armes de destruction massive. Il revend le code à un magazine informatique pour ses premiers 500 dollars.
À défaut de devenir sorcier, comme il en rêvait enfant, Elon a choisi de devenir ingénieur. À 17 ans, après avoir obtenu la nationalité canadienne grâce à sa mère, il quitte son Afrique du Sud natale pour s’installer au pays de la feuille d’érable, le Canada. L’aîné de la fratrie Musk passe 2 ans à la Queen’s University de Kingston, dans l’Ontario, avant de rejoindre les États-Unis. Diplômé en sciences, en économie puis en physique, il crée sa première société avec son frère Kimball, un annuaire en ligne nommé « Zip2 », qu’il vend plus de 300 millions de dollars. Cette même année, Elon Musk investit 12 millions de dollars dans la création d’une société répondant au nom de X.Com. Des services de banque en ligne auxquels il ajoute Confinity qu’il rachète un an plus tard pour en faire Paypal. Son produit connaît un tel succès qu’il est vendu à Ebay pour 1,5 milliards de dollars. De cette somme, plus de 180 millions de dollars sont destinés au prodige qui passe ainsi, en l’espace de trois ans, d’une fortune d’un peu plus de 20 millions de dollars à quasiment 200 millions de dollars. L’entrepreneur décide alors de consacrer sa fortune à son obsession : la conquête de l’espace. C’est ainsi que naît SpaceX, une entreprise privée qui voit le jour en 2002. « L’alternative, c’est de devenir une espèce capable d’aller sur différentes planètes », expliquait-il alors. Son objectif : envoyer un million de terriens sur la planète mars. En parallèle, il entre au capital de la société Tesla Motors en 2004 puis en devient CEO en 2008, permettant ainsi à la société d’être sauvée grâce à son intervention auprès d’investisseurs. Avec son arrivée à la tête de Tesla, cette dernière révolutionne le secteur automobile comme le fait SpaceX dans le secteur aérospatial.
Nommé homme d’affaires 2013 par le magazine américain Fortune, qui le préfère à d’autres grands noms de la tech comme Marissa Mayer de Yahoo ou Larry Page de Google, son parcours est glorifié. Milliardaire à la tête de deux entreprises qui peuvent se vanter respectivement d’avoir conclu plusieurs contrats spatiaux avec la Nasa et d’avoir obtenu les meilleures notes de sécurité routière avec la Tesla Model S, l’homme n’a rien à envier à personne. Mais Elon Musk ne s’arrête pas là puisqu’il s’investit dans plusieurs autres projets comme Hyperloop, dont l’idée est de créer un tunnel sous-terrain alimenté par l’énergie solaire et plus rapide que le TGV ou l’avion. Citons également OpenAI, centre à but non lucratif devant permettre le développement de l’intelligence artificielle ou encore NeuraLink, accessoires devant permettre de relier le cerveau humain à l’intelligence artificielle et commercialisés en 2021.
Présenté comme colérique, impulsif et mégalomane, Elon Musk alimente de nombreuses polémiques. Il a dû renoncer à la présidence du fabricant automobile Tesla, après avoir mis en péril son cours de Bourse via une série de tweets. Il collectionne par ailleurs les excentricités, en fumant du cannabis en pleine interview, en commercialisant un lance-flammes, ou encore en décidant d’appeler son sixième enfant, qu’il a eu avec la chanteuse Grimes, par une formule mathématique « X Æ A-XII ».
Obsédé par l’inter-connexion de l’intelligence humaine, Elon Musk inspire le personnage de Tony Stark dans la saga cinématrographique Iron Man. L’entrepreneur ne semble pas vouloir s’arrêter à conquérir la planète rouge, et mène plusieurs autres projets en même temps. Il révèle par exemple en 2013 son concept d' »hyperloop », un moyen de transport souterrain à 1200 km/h. Récemment, il s’était également fait remarquer en jugeant « fascistes » les politiques de confinement pour empêcher la propagation du coronavirus. Lors de l’International Mars Society Convention qui s’est tenue le 16 octobre 2020, le PDG de SpaceX a affirmé que son vaisseau Starship pourrait aller sur Mars dès 2024.

Photo : Matteo Carrassale

GASTRONOMIE / MAURO COLAGRECO
Né sous une bonne étoile
Son parcours est celui d’un homme qui a fait ses preuves en silence. Mauro Colagreco est à la tête du restaurant élu Meilleur restaurant au monde.

Né en Argentine dans une famille d’origine italienne, le chef triplement étoilé a choisi la cuisine pour exprimer sa singularité. Aficionado des voyages culturels, c’est sac sur le dos que Mauro parcourt l’Amérique Latine et les Caraïbes dont il s’imprègne des goûts, saveurs et traditions culinaires. Il suit des cours dans une école hôtelière à Buenos Aires avant de faire ses premiers pas dans un des restaurants les plus prestigieux de la capitale puis de s’envoler pour la France en 2000. Dans l’hexagone, il se forme, se perfectionne et apprend le Français en quelques mois à Bordeaux avant de prendre la direction de la côte Ouest. Alors élève à l’école hôtelière de La Rochelle, Mauro passe, sans le savoir, devant son futur restaurant sur cette petite route entre mer et montagne qui devait le mener vers Rome. À cette époque, il est sans cesse à la recherche de la perfection. Là où d’autres se contentaient de trouver une simple expérience permettant l’acquisition du diplôme, il enchaîne les stages dans les plus grandes maisons. Bernard Loiseau reçoit plusieurs lettres de ce jeune homme persévérant. Il embauche le beau brun dans son restaurant mythique de Saulieu, en Côte d’Or. Colagreco y reste jusqu’au suicide du chef triplement étoilé, en 2003, puis empile les collaborations de haut niveau, d’Alain Ducasse au Plaza Athenée à Guy Martin au Grand Véfour en passant par le plus important de tous à ses yeux, Alain Passard. C’est ici qu’il développe son sens de la créativité et son imagination avant de découvrir un an et demi plus tard la cuisine de Palace. Comme toujours, il se perfectionne aux côtés de grands noms et travaille dans des milieux privilégiés où perfection, exigence, raffinement et rigueur se cuisinent à l’unisson. Quelques temps plus tard, il clôture son expérience parisienne aux côtés de Guy Martin au Grand Véfour.
En 2006, le chef saute le pas et se lance dans l’aventure avec Alain Kerloc’h rencontré chez Alain Passard. Il investi dans un ancien bistrot abandonné : le Mirazur à Menton. Rapidement, les succès s’enchaînent. Tout juste six mois après l’ouverture, le guide gastronomique français Gault et Millau lui décerne le « prix de la révélation de l’année » puis deux ans plus tard « le prix de chef de l’année » avant de remporter sa première étoile au Guide Michelin. Sur son rocher dominant la mer et la frontière, le succès est dans l’air. Le Mirazur attire une clientèle italienne qui apprécie la délicatesse de la cuisine de Mauro Colagreco. À tel point qu’en 2009, il se classe 35e meilleur restaurant au monde par le classement San Pellegrino, obtient « 4 toques » dans la nouvelle édition de Gault Millau, obtient une seconde étoile dans le Guide Michelin, puis une troisième, continue de gagner des places dans le classement mondial et obtient finalement, dix ans plus tard, le sacre de la meilleure table du monde. Une première pour un établissement français depuis la création du classement en 2002, qui s’appuie sur les votes de chefs, restaurateurs, critiques et amateurs de gastronomie. Début 2020, il est le premier restaurant du monde à recevoir la certification « plastic free ».
Ni démonstrative, ni ascétique, sa cuisine caresse et surprend. Une féminité du toucher, du goût, une sensibilité attentive aux microvariations de l’univers végétal, à la rencontre du jardin et des trésors marins. Ses plats sont d’une infinie délicatesse, le goût déclarant ses affinités sans jamais lever le ton, suggérant plutôt des intonations, des épanchements introspectifs. Chaque menu est influencé par un très cosmique calendrier biodynamique, selon lequel « les plantes reçoivent des stimuli cosmiques bénéfiques qui agissent directement sur le développement des racines, des feuilles, des fleurs et des fruits ». Stimuli qui varient d’une journée à l’autre pour une délicieuse expérience sensorielle.
Son succès, il le doit à son inventivité. Là où un cuisinier produit une carte chaque saison, Mauro, lui, crée près de 250 plats par an. Très orienté vers les produits tirés de la pêche locale et des propres jardins du restaurant, ou de la cueillette, le chef invente aujourd’hui un territoire bien à lui, malgré l’influence du maître Passard. Très engagé, il fait déjà partie des pionniers de la biodynamie avec un potager qui alimente sa table quotidiennement. D’ailleurs, pendant le confinement et alors que le restaurant était fermé, les légumes du potager ont continué à pousser. Mauro en a cuisiné pour le personnel soignant, il en a mis d’autres en bocaux ou en vinaigre puis, quand est venu le grand boum de la vente à emporter, il en a vendu quelques paniers au voisinage entre deux cours à domicile à ses enfants. Finalement, le parcours du chef étoilé est celui d’une étoile qui trace sa route au-dessus des astres. Après avoir remporté le Graal au guide Michelin, un titre mondial, plusieurs collaborations en France, en Italie ou encore en Chine, Mauro Colagreco semble avoir fait le tour d’horizon du succès. Quel avenir prodigieux l’attend pour 2021 ? Affaire à suivre.

Photo : TM/KK

ART / TAKASHI MURAKAMI
Le tsunami artistique

Docteur en peinture, artiste plasticien, il associe les techniques les plus modernes à la précision et la virtuosité de l’art traditionnel japonais.

En général, quand il se déplace quelque part, il déclenche une émeute médiatique. Takashi Murakami est l’un des artistes contemporains les plus cotés. Ami des peoples et des rappeurs, depuis 30 ans, tout le monde vénère ses icônes colorées typiquement japonaises. Après avoir été formé à la peinture classique à l’Université des Arts de Tokyo, Murakami se met en quête d’une forme d’expression personnelle et novatrice. En réaction au contexte de l’époque marquée, selon lui, par l’absence d’une scène nationale contemporaine et la domination culturelle des États-Unis, il innove. Mû par un imaginaire débridé, Murakami développe un monde étrange et singulier, à la fois sombre et merveilleux, peuplé de personnages fantastiques, d’animaux féériques, de créatures fabuleuses, de monstres malicieux et d’une flore généreuse. S’appuyant sur l’histoire politique, culturelle, religieuse et sociale du Japon, il emprunte aussi bien à l’esthétique Kawaii et pop des mangas et des films d’animation qu’aux maîtres anciens de la peinture et à l’iconographie bouddhique. De la bombe atomique au tsunami en passant par les tremblements de terre, les références aux traumatismes plus ou moins récents de son pays sont omniprésents. Composée d’une multiplicité de formes et de supports (peinture, sculpture, installation, film d’animation) auxquels s’ajoutent les productions réalisées par sa compagnie Kaikai Kiki, son œuvre prolifique est portée par un style singulier qui combine, avec une grande maîtrise, les techniques picturales traditionnelles et les technologies de pointe les plus contemporaines. Des musées d’œuvre d’art aux Catwalks, il n’y a qu’un pas. Idylle romantique, les collaborations entre la maison de maroquinerie de luxe Louis Vuitton et l’artiste japonais n’en finissent pas. En 2004, la collection printemps-été propose une réinterprétation, tout en couleurs des célèbres motifs de la marque de luxe et réalise deux courts-métrages animés. Coup de tonnerre pour l’artiste quelques années avec la réalisation d’une ligne féminine complète allant de la maroquinerie, aux accessoires, sans oublier le prêt-à-porter. « Cosmic Blossom », disponible en édition limitée fait le bonheur des plus connaisseurs. Un t-shirt blanc dont le célèbre logo était agrémenté des fleurs colorées emblématiques de l’artiste japonais. En 2020, c’est aux côtés du label new-yorkais de streetwear Supreme qu’il brille par son talent et par son grand cœur après une première. Collaboration en 2007 pour trois planches de Skateboard. Commercialisé aux États-Unis et au Canada au prix unique de 60 dollars, ce Box Logo Tee inédit est né d’une initiative philanthropique. Tel que l’a annoncé le label de streetwear dès sa mise en vente, 100% des bénéfices apportés par l’achat du tee-shirt ont été reversés à l’association Help USA venant en aide aux personnes sans domicile fixe aux États-Unis, particulièrement mises en danger par la pandémie de Covid-19 et très affectées par la période de confinement. Franc succès, puisque le palier du million de dollars fut dépassé en seulement deux semaines. Idole de l’interprète de « Bad Guy », Billie Eilish, Takashi Murakami a signé une double collaboration avec l’artiste en 2020. Dans le clip You should see me in a crown, impossible de passer à côté des célèbres fleurs qui ont valu à l’artiste sa notoriété internationale. Entièrement réalisé en animation, le clip prend alors un tournant post-apocalyptique et horrifique lorsque le personnage se métamorphose en monstre arachnéen, qui détruit une ville virtuelle tel un Godzilla du futur. Quelques semaines plus tard, Uniqlo annonce une collaboration entre les deux artistes. L’association des univers fantaisistes de l’artiste perturbateur et du prodige musical confère une dimension inédite à cette collection sold out à peine sortie en boutique.
Andy Warhol, Salvador Dali, Raymond Savignac, Bernard Villemot, Jean-Gabriel Domergue, et désormais Takashi Murakami, l’eau française, dont l’enseigne appartient à Nestlé Waters, n’en finit pas avec ses collaborations d’artistes de renom. Le motif de fleurs souriantes, emblématique de Takashi Murakami, apportera une touche de couleur et de joie aux iconiques bouteilles vertes de la marque, en versions sérigraphies 33 cl et 75 cl. En verre ou en plastique, en 2021, c’est toute la gamme PERRIER® Original qui sera déclinée aux couleurs et aux motifs de Murakami. Les amateurs d’objets collectors sont d’ores et déjà séduits par la rencontre entre deux univers dont les intérêts convergent.
Artiste prisé, artiste de renom, artiste adulé et pourtant… Le géant de l’art contemporain a dû annuler plusieurs projets à cause de l’impact de la pandémie sur son activité. Dans une vidéo postée sur IGTV en mai dernier, Takashi détaille à ses deux millions de followers les raisons de sa faillite, tandis que ses assistants travaillent derrière lui, dans son atelier. « Je suis un être humain idiot », écrit l’artiste japonais Takashi Murakami dans un long post Instagram accompagné d’une vidéo intitulée « How I was Forced to Abandon the Production of Jellyfish Eyes Part 2 ». Il explique que la galerie qui le représente, à savoir Kaikai Kiki, est en train de faire faillite à cause de la pandémie du Covid-19, et qu’il est obligé d’arrêter toute la production de ses œuvres en cours.
De nombreux collectionneurs, spécialistes du travail de Takashi Murakami, ont déclaré à Artnet News « qu’une surabondance de son travail sur le marché avait peut-être dilué l’intérêt, conduisant à de mauvaises ventes ». Avec ses relations mondaines et ses projets ambitieux avec des marques prestigieuses et personnalités en vogue telles Virgil Abloh, Pharrell Williams, Louis Vuitton, Supreme, Comme des Garçons, Kanye West ou encore Billie Eilish, nul doute que Takashi saura se réinventer pour 2021.

CINÉMA / CHRISTOPHER NOLAN
Super-héros du cinéma
Le britannique s’est imposé comme un cinéaste d’exception, auteur de blockbusters audacieux inspirés de la physique quantique.

Costume trois pièces de rigueur, Christopher Nolan ressemble à l’idée qu’on se fait d’un professeur d’université anglais, cérébral, habité par une retenue à cent lieues de ses films récents, superproductions aux scènes d’action hors-normes. Le contraste en a surpris plus d’un parmi les pontes des studios en visite sur ses tournages. Loin d’un John Mc Tiernan en polo et veste de baroudeur sur les plateaux, Christopher Nolan ne se départit pas d’une élégance toute britannique, y compris en plein déluge pyrotechnique sur Dunkerque ou sa trilogie Batman. Si la sobriété est l’un des traits structurants du réalisateur de 49 ans, il en va très différemment de ses films. Obnubilé par le fonctionnement de la mémoire, la perception, et donc ce qui différencie la conscience humaine du reste de la création, Christopher propose à l’affiche Tenet. Dans un été déserté par les productions hollywoodiennes, pour la plupart ajournées à 2021, le film tient un rôle messianique. Il est considéré par de nombreux observateurs comme le seul pilier capable de maintenir d’équerre l’édifice des salles obscures, durement frappées par le Covid-19, en ramenant le grand public au cinéma. Pour autant, la fermeture imposée des cinémas semble avoir eu le dernier mot.
Né de l’union d’un père britannique Brendan James Nolan, directeur de publicité et d’une mère américaine, le réalisateur passe son enfant entre Londres et Chicago. Il est le second garçon de la famille. Il est entouré de Matthew, son frère aîné et de Jonathan, créateur des séries télévisées « Person of Interest » et « Westworld », son frère cadet. Brillant, il signe dès son plus jeune âge un court-métrage intitulé « Tarantella», tourné à l’aide de la caméra 8 mm de son père. La construction est ambitieuse, le pari complexe pour un jeune daltonien mais c’est un franc succès qu’il rencontre. Alors étudiant en lettres à l’Université de Londres, sa première réalisation est diffusée aux États-Unis sur la chaîne PBS.
Au milieu des années 90, il tourne en 16 mm deux courts métrages, Larceny et Doodlebug, suivis de son premier long métrage à petit budget et en noir et blanc, Following en 1998. Tourné à raison de quelques minutes utiles, chaque samedi d’une année complète, on y suit un écrivain désœuvré et suiveur anonyme, lui-même suivi par un malfrat, jusqu’à ce que tout se télescope. Le succès de cette histoire de voyeurisme dans différents festivals permet à Christopher Nolan de réaliser, deux ans plus tard, Memento. Toujours aussi ambitieux, il opte pour une construction ingénieuse d’une succession de flash-backs lui valant une nomination aux Oscars. Memento devient culte dans le monde entier. La célébrité naissante est alors courtisée par les grands studios américains. Son succès est tel qu’il dirige Al Pacino et Robin Williams dans Insomnia, remake d’Insomnia du Norvégien Erik Skjoldbjaerg. Un défi couronné d’un succès critique et public le propulsant au rang d’étoile montante.
Doté d’un sens artistique original défiant toute concurrence, il est reconnu par Hollywood qui le charge de diriger en 2005, les nouvelles aventures de Batman. Assumant la pression des studios, il redonne un second souffle au héros, en le rendant plus sombre et tourmenté que jamais. Il choisit Christian Bale pour interpréter l’homme chauve-souris et renouvelle sa collaboration avec l’acteur dans son sixième long-métrage, Le Prestige (2006), un thriller mettant en scène la lutte de deux magiciens au début du 20ème siècle. Christopher Nolan se consacre alors à The Dark Knight, Le Chevalier Noir (2008), où il oppose le super-héros à son ennemi juré, le Joker. Une nouvelle fois porté par Christian Bale, le film s’enfonce dans une noirceur inhabituelle pour ce genre de production. Cela ne l’empêche toutefois pas de réaliser un démarrage exceptionnel aux États-Unis en récoltant plus de 155 millions de dollars en un week-end, un record, et de valoir un Oscar post-mortem au regretté Heath Ledger pour sa prestation démente en joker terroriste et anarchiste.
Entourant chacun de ses films d’un certain mystère, il ne déroge pas à la règle avec Inception (2010), mêlant thriller et science-fiction au cœur d’une intrigue se déroulant à l’intérieur des rêves. Pour ce nouveau long-métrage dont il signe également le scénario original, il débauche Leonardo DiCaprio, acteur fétiche de Martin Scorsese. Avec ce nouveau succès planétaire (plus de 825 millions de dollars dans le monde), Nolan se dirige ensuite sereinement vers la conclusion de sa trilogie Batman, avec The Dark Knight Rises, deux ans plus tard. Reprenant le casting d’origine, avec des ajouts importants (Marion Cotillard, Anne Hathaway, Joseph Gordon-Levitt), le film confronte Batman au violent et impitoyable Bane (Tom Hardy). Une fois la trilogie Batman bouclée, il s’attaque à une autre figure de l’écurie DC Comics, et pas des moindres : il écrit et produit Man of Steel, une nouvelle adaptation des aventures Superman, mais en confie la réalisation à Zack Snyder. Il ne retourne derrière la caméra qu’en 2014, pour réaliser Interstellar, une fable au message écologique pour laquelle il envoie Matthew McConaughey fraîchement oscarisé, dans l’espace à la recherche d’une planète de substitution. En 2017, Nolan s’attaque pour la première fois au film de guerre avec Dunkerque, le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.

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