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A GENTLEMAN

Matthew McConaughey est à l'affiche du nouveau film de Guy Ritchie, The Gentlemen. L'acteur texan couronné d'un oscar nous parle de son expérience avec le réalisateur et de sa carrière déjà bien remplie.

Cela fait maintenant 25 ans que Matthew McConaughey a fait ses débuts dans la fable de la Génération X, Génération rebelle (Dazed and Confused). Que ce soit à travers toutes les comédies romantiques, la McConnaissance et le très mérité Oscar remporté pour Dallas Buyers Club, le Texan de 47 ans a rarement fait un voyage dans le côté obscur. Même s’il aime vraiment ça. “Rien de mieux que d’être mauvais”, m’a-t-il dit. “C’est comme ça. Ça ne le devrait pas, mais faire de mauvaises actions sans subir aucune repercussion, j’aime ça.” Dans son nouveau film, The Gentlemen, McConaughey tente de vendre son empire de la drogue à une foule de millionnaires, pour finalement découvrir que dans la valeur de son stock qui se joue dans une guerre des canons, est inclut sa propre vie ! Comme dans tous les films de Guy Ritchie, la violence est un métier, et le monde des gangsters de Londres est représenté avec des moyens considérables, un script écrit avec humour et un casting parfait, qui comprend également Hugh Grant, Charlie Hunnam et Michelle Dockery. Comme un roi dans son château, McConaughey règne dans la noirceur de son personnage, et cela se voit lorsqu’il parle de son premier film de la nouvelle décennie qui, s’il est comme le dernier, va continuer à le montrer s’imposer comme l’un des meilleurs acteurs de la planète lorsqu’il s’agit d’être suave, affirmé et profondément ancré dans le stéréotype masculin. La rhétorique intelligente de l’Américain est toujours délivrée avec un caractère Texan chaleureux, une connection personnelle et une chaleur qui manque à bon nombre de ses contemporains. Et depuis sa victoire aux Oscars il y a six ans, McConaughey a aligné une liste étincelante de performances de True Detective et Interstellar à Gold, Nos souvenirs (Sea of Trees) de Terence Malick et Serenity. Voilà une star qui a rompu avec la monotonie de Playboy à saisir (Failure to Launch) et de Un mariage trop parfait (The Wedding Planner) et a réinventé son style. Et à présent, il récolte les fruits – et les récompenses – à la pelle. Charmant comme toujours, il discute plus en détails de sa joie de jouer les méchants et de la raison pour laquelle ses enfants ont eu du mal à accepter cette facette de leur père. McConaughey parle également de la chance, de ses débuts. L’acteur vit à Austin avec sa femme Camilla Alves et leurs trois enfants, Levi, 11 ans, Vida, 9 ans, et Livingston, 5 ans.

PREMIUM : Je vous ai entendu dire que Guy Ritchie était un réalisateur avec lequel il est intéressant de travailler, avec son goût pour réécrire complètement une scène le jour même du tournage. En quoi cela était-il intéressant pour vous?
McConaughey: [Rires]. Très. Je veux dire que vous devez être prêt à ce que les choses changent comme ça et je dirais que, d’un point de vue purement personnel, c’est quelque chose qui vous tient vraiment en haleine. Cela peut être frustant quand vous entendez qu’il cherche à faire ça, jusqu’à ce qu’il vous présente la réécriture et que vous la trouvez meilleure que la première version! Donc, c’était pour le moins intéressant.
Guy adore toujours fournir au public une grande énigme et du mystère même dans un film sur les dessous du monde des gangsters. C’était exactement le genre de film sur lequel j’ai toujours voulu travailler avec lui.

PREMIUM : Vous n’avez pas joué beaucoup de rôles de méchants, mais les mauvais garçons sont toujours les plus amusants, non?
McC.: La complexité morale et l’ambiguité sont toujours intéressantes… c’est excitant. Vous guidez et livrez des individus, les libérant de leur subterfuge intérieur, de leur propre prétexte. Cela en fait-il des méchants? C’est dur à dire. Nombreux d’entre eux sont certainement des démons d’un point de vue extérieur, mais est-ce vraiment démoniaque d’exposer les hypocrisies de l’humanité? Pour les dépouiller et les déshabiller de leurs contradictions, de leurs mensonges. Les mensonges que nous nous racontons pour assouvir la culpabilité, je m’en suis nourri. Ça a alimenté le voyage. Jouer des rôles plus sombres ouvre tout un monde d’opportunités dont je ne connaissais pas l’existence avant. Les méchants, ils ne se plient pas face aux limites, pour eux la bonne chose est la mauvaise. Le bien est le mauvais, et en tant que personne qui croit moralement dans le fait de toujours faire le bien, et enseignant la même chose à mes enfants, c’est amusant de prendre des vacances du code moral, et de voir à quoi ça ressemble. Mettre les manières et les morales de côté.

PREMIUM : Vous n’avez pas joué beaucoup de rôles de méchants, mais les mauvais garçons sont toujours les plus amusants, non?
McC.: La complexité morale et l’ambiguité sont toujours intéressantes… c’est excitant. Vous guidez et livrez des individus, les libérant de leur subterfuge intérieur, de leur propre prétexte. Cela en fait-il des méchants? C’est dur à dire. Nombreux d’entre eux sont certainement des démons d’un point de vue extérieur, mais est-ce vraiment démoniaque d’exposer les hypocrisies de l’humanité? Pour les dépouiller et les déshabiller de leurs contradictions, de leurs mensonges. Les mensonges que nous nous racontons pour assouvir la culpabilité, je m’en suis nourri. Ça a alimenté le voyage. Jouer des rôles plus sombres ouvre tout un monde d’opportunités dont je ne connaissais pas l’existence avant. Les méchants, ils ne se plient pas face aux limites, pour eux la bonne chose est la mauvaise. Le bien est le mauvais, et en tant que personne qui croit moralement dans le fait de toujours faire le bien, et enseignant la même chose à mes enfants, c’est amusant de prendre des vacances du code moral, et de voir à quoi ça ressemble. Mettre les manières et les morales de côté.

PREMIUM : Il semble donc que Guy avance en toute liberté pendant la réalisation de son film?
McConaughey: Oui! Il dit souvent que nous avons besoin de changer une ligne ou la façon dont c’est dit, et il demande : “Mais, qui a écrit ça ? Qui a bien pu écrire ça?” Alors je réponds : “C’est toi. Tu l’as écrit!” Puis, comme je l’ai dit plus tôt, il fait exactement ce qu’il a dit et commence à réécrire toute la scène, le dialogue, c’est assez exaspérant. Cependant, comme je l’ai déjà dit, il examine tout dans le moindre détail avec un stylo rouge, corrige des petites choses et parfois en change d’autres complètement et vous restez debout ou assis à côté, et cinq minutes se passent, puis il revient vers vous avec les changements. Généralement, vous vous rendez compte qu’il a changé pour mieux – bien que je ne puisse dire cela que de mon propre point de vue pour ce qui a été réécrits pour moi.

PREMIUM : Votre femme dans le film est jouée par Michelle Dockery. Est-ce la première fois que vous avez travaillé avec elle?
McConaughey: Oui en effet, et c’est une grande actrice. J’aime travailler avec des acteurs pour la première fois mais également m’assurer de garder une distance avec eux avant les scènes parce que je souhaite que la première rencontre soit réelle et brute. Je ne veux pas qu’il y ait d’amitié entre deux acteurs qui, si vous en croyez le script, sont deux parfaits étrangers. Cela ne fonctionnerait pas. Même dans cette perspective, dans laquelle Michelle est ma femme, il y a tout un arrière plan de leurs vies, une histoire complète, que le public ne connaît pas. Donc, dans la même logique, j’ai besoin de garder une partie de cela pour le mettre en avant, donc je ne veux créer aucune fausse relation avec Michelle à l’avance. Lorsque j’ai fait La tour sombre (The dark tower), j’ai rencontré Idris pour la première fois au milieu d’une scène. Nous n’avons pas créé de lien intentionnellement – je lui ai parlé pour la première fois pendant le voyage de presse plusieurs mois après.

PREMIUM : C’est incroyable. L’intensité avec laquelle vous appréhendez la conception d’un film aujourd’hui est à des lieux de l’époque de Génération Rebelle (Dazed and Confused), qui a fêté son 25ème anniversaire il y quelques années. Vous disiez que vous étiez chanceux d’avoir obtenu ce rôle, cette pause…
McConaughey: La chance joue un rôle, bien sûr, mais je pense qu’il y a plutôt une méthode scientifique qui est impliquée, plus que nous ne le réalisons. La chance dicte que tu sois choisis parmi la foule, mis dans un film et boum, c’est de la chance. Mais il y a une spécification d’emploi à remplir et tu as besoin de remplir ce critère, tu dois être capable de faire ce travail. Être choisi pour faire ce travail quand il y en a des milliers d’autres qui peuvent faire la même chose, là c’est ta chance.
Et je suis certain d’avoir eu mes moments de chance pour être là où je suis aujourd’hui. Génération Rebelle (Dazed and Confused), Le droit de tuer (A Time to Kill), c’est arrivé très tôt pour moi. En une minute je passe de “qui est ce mec dans la rue”, à “regarde là-bas, c’est ce mec”. Mais la chance ne va pas vous soutenir dans ce monde. La chance ne va pas vous procurer un travail à chaque fois. La chance va vous donner une opportunité, mais ensuite vous devez faire vos preuves. C’est la roue en mouvement, c’est la science.

PREMIUM : ‘Alright, alright, alright'(Bien, Bien, Bien) vous a poursuivi depuis, est-ce que ça vous énerve?
McConaughey: C’est flatteur, c’est un compliment. Dans ce business, vous avez cette reconnaissance immédiate, et c’est ce que vous recherchez. Vous avez fait du bon boulot. Spécialement parce que ce sont les trois premiers mots que j’ai jamais prononcés dans un film, c’est ce qui m’a été cité et cela agit comme un souvenir tendre et nostalgique de tout le chemin que j’ai parcouru. Du chemin parcouru depuis que j’ai trouvé ce travail, en tant que David Wooderson dans Dazed [and Confused] qui devait être un divertissement de l’été. Lorsque j’ai découvert ma passion, lorsque j’ai découvert à quoi j’étais bon, à ce moment-là, “alright alright alright” (Bien, bien, bien). Et j’aime ça. Ça fait rire les gens. Ça me fait rire. “Alright alright alright”, ça a un pouvoir spécial. Si je me lève pour faire un discours devant des gens et que je suis nerveux à cause de tous ces yeux qui me fixent, je ressors le “alright alright alright”, et l’atmosphère se réchauffe immédiatement [rires].

PREMIUM : L’avez-vous dit dans le texte d’acceptation de votre Oscar?
McConaughey: Je ne sais pas. Ces quatre, cinq minutes entières sont une sorte de flou dans ma conscience.

PREMIUM : Comment l’Oscar a-t-il changé votre carrière?
McConaughey: Je pense que l’Oscar m’a donné la chance de faire plus de choix personnels dans mon travail, ce dont je suis très reconnaissant, il m’a permis de travailler sur des projets que je veux voir. Mais qui m’effraient aussi.

PREMIUM : Vous emmenez vos enfants sur le plateau, est-ce qu’il savent que vous jouez un méchant? Et comment se sentent-ils par rapport à ça?
McConaughey: Ils l’ont compris, ils l’ont compris. Mais immédiatement, ils veulent savoir, Papa, pourquoi n’es-tu pas le gentil? Ils ne comprennent pas l’appel du méchant – j’ai peut-être donc accompli quelque chose de bien [rires]. Mon fils Levi, est très attentif. Il a accidentellement vu certaines de mes scènes. Une qui me vient à l’esprit est quand il avait trois ans, We Are Marshall passait à la télévision. Il me voit et dit “Papa” puis il y a une explosion et il voit le feu qui m’entoure ce qui le fait pleurer. J’ai dû lui faire comprendre, donc je l’ai emmené sur un plateau, La Défense Lincoln (The Lincoln Lawyer) je crois, il me regarde faire une scène, puis je lui montre le moniteur. Juste là, clic. Il fait alors des allers-retours entre le moniteur et le plateau, et il comprend.

PREMIUM : En parlant de parents, je crois que les vôtres étaient une paire intéressante lorsque vous étiez enfant. Je vous ai également entendu dire que votre mère aurait pu jouer un rôle dans The Gentlemen…McConaughey: Oui, nous avions une famille aimante quand j’étais enfant, beaucoup disaient qu’ils nous aimaient, mais ils ne nous aimaient pas à ce moment-là autant qu’ils le disaient! Mon père a cassé le majeur de ma mère à quatre reprises alors qu’elle le poussait sur son front. Elle dit encore aujourd’hui que c’est ce dont elle avait besoin pour communiquer! Mes parents se sont mariés trois fois ensemble et ont divorcé deux fois. Oui, c’est la vérité.

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