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Le Moulin Rouge : un vent de folie

Le temps d’un spectacle son et lumière ouvert à tous, le mythique cabaret parisien a célébré ses 130 ans de jetés de jambes et de danseuses hors-pairs. Pour l’occasion, le Moulin Rouge a vu les choses en grand en nous offrant féerie et émerveillement dans un spectacle exceptionnel retraçant son histoire.

Si Paris est une fête, le Moulin Rouge y est pour quelque chose. “Depuis 130 ans, la plus mythique salle au monde accueille des millions de spectateurs venus admirer ses célèbres revues. Aujourd’hui, le cabaret rayonne plus que jamais en France et à l’international. Une histoire riche et passionnante et une qualité de spectacle inégalée ont fait de lui le leader mondial dans le monde du spectacle”, s’enorgueillit le Moulin Rouge. Et pour cause, le 6 octobre 1889, l’établissement à la renommée internationale ouvrait pour la première fois ses portes, sous la direction du tandem Oller-Zidler. À cette époque, ils exprimaient leur ambition de vouloir faire de ce cabaret « le Palais de la danse et de la femme » qui serait « plus luxueux, plus grand et plus élégant » que ceux qui existaient à l’époque. Pari réussi. Rapidement devenu un haut lieu de la fête parisienne, immortalisé par Toulouse-Lautrec, il s’est fait mondialement connaître, notamment grâce à son French Cancan.

LA PARISIENNE FANTASMÉE AU CŒUR DE L’ÉVÈNEMENT

La réputation du Moulin Rouge n’est plus à faire. S’il est un endroit dans lequel les festivités ne s’arrêtent jamais, c’est bien ici. Et, pour fêter dignement son anniversaire, le célèbre cabaret du pied de la butte Montmartre a organisé un show sensationnel en extérieur. 130 ans jour pour jour et heure pour heure après l’ouverture des portes de l’établissement le 6 octobre 1889 à 20 heures, l’établissement a émerveillé la foule. De sublimes lumières projetées sur la façade du Moulin plongeaient aisément les spectateurs dans une vague de nostalgie. Au rythme de la musique, un véritable voyage à travers l’histoire, de l’ouverture du Moulin Rouge à sa revue actuelle Féerie en passant par les grandes heures et les grands noms du cabaret mythique.Les couleurs rouges, bleues et blanches du drapeau français ont dessiné les feux d’artifice qui ont inauguré le spectacle. Frous-frous, levers de jambe, grands écarts et jupons aux dessous tricolores qui vont dans tous les sens, 60 artistes de « Doriss Girls et Boys » du nom de Miss Doris, la chorégraphe historique du Moulin Rouge, ont virevolté devant la façade du moulin aux ailes toujours animées en couleur rouge au cœur du quartier Pigalle. Obéissant à une charte à la fois précise et intuitive, les soixante « plus belles femmes de Paris » et, par conséquent, du monde, selon les recruteurs, ont été majestueuses. Leur image intemporelle, à mi-chemin entre féminité distante, sex-appeal sophistiqué et pulsion joyeuse, leur donne une allure en toutes circonstances. Qu’elles soient grimées et parées pour la scène ou qu’on les croise en coulisses, en jeans et sans maquillage, ces filles sont enivrantes. Un port de tête, une vivacité gestuelle, un sourire spontané. Bref, un air de la Parisienne fantasmée.

UNE HISTOIRE PASSIONNANTE

En pleine période de la Belle Époque, dans ces temps d’insouciance, de progrès industriel et de prospérité, se dresse au cœur du quartier le plus animé de la vie nocturne parisienne un étrange moulin détonnant avec les bâtiments haussmanniens des environs : le Moulin Rouge. Inauguré le 6 octobre 1889, à 20 heures précises, et immortalisé par le peintre Toulouse-Lautrec, le lieu de la féerie des nuits parisiennes à travers le monde accueille 600.000 spectateurs par an, à raison de deux représentations chaque soir, 365 jours par an. Depuis lors, chaque jour, le célèbre cabaret fait revivre la magie des revues à un public venu du monde entier pour admirer tant son intérieur somptueux que les spectacles féeriques qui y sont donnés. Les shows du Moulin Rouge restent fidèles aux traditions établies lors de sa fondation, devenant incontestablement un symbole de la culture populaire. Depuis la fin de l’année 1999, c’est la revue Féerie qui est produite tous les jours de l’année, deux fois par soir. Avec ses spec- tacles endiablés et ses fines bulles de champagne, le Moulin Rouge vous fait revivre le faste et la splendeur des soirées de la Belle Époque. Chaque soir, ce ne sont pas moins de 60 artistes de 40 pays différents qui livrent un spectacle exceptionnel autour de cinq tableaux, constituant désormais le pilier du répertoire du Moulin Rouge. Le premier, à l’image de la projection anniversaire, fait revivre l’histoire du célèbre cabaret et emporte les specta- teurs dans le « Jardin » du Moulin Rouge entre scènes d’autrefois et d’aujourd’hui. Le second offre une évasion à travers le tableau « Pirates » qui transporte le public sous le soleil d’Indonésie avant d’entrer dans l’univers coloré du cirque. Traditionnellement, le show se clôture sur deux tableaux rendant hommage au passé du Moulin Rouge entre french cancan, music-hall et performances artistiques internationales.

L’INCONTOURNABLE FRENCH CANCAN

« Un jour, Charles Morton, l’inventeur du music-hall anglais, part en France, revient en Angleterre, et dit y avoir découvert une danse extraordinaire » se souvient Jacques Pessis, journaliste, écrivain, scénariste et réalisateur français. La danse s’appelle alors la quadrille naturaliste. « On ne peut pas l’appeler comme ça, quadrille naturaliste. Mais c’est une danse qui fait du bruit : le cancan. C’est une danse française : french. C’est comme ça que le French cancan est né. » précise-t-il. Ainsi donc, le célèbre « french cancan », danse subversive et féministe, symbolique du Moulin Rouge, s’avère être en réalité une danse dérivée d’une danse de salon très en vogue au début du 19ème siècle.Au Moulin Rouge, c’est Louise Weber, surnommée « La Goulue », qui fait le succès de l’établissement, qui la réintroduit, lui donne sa popularité ainsi que des règles modernisées. Symbole vivant du « french cancan », connue pour son audace, elle danse avec Jules-Etienne Edme Renaudin, dit « Valentin Le Désossé », et devient l’une des artistes les mieux payées de Paris. Elle est également l’un des modèles de Toulouse-Lautrec.D’autres danseuses du music-hall de la place Blanche, comme Grille d’Égout ou Nini Pattes en l’air, se chargeront de dispenser des cours pour enseigner cette danse très mal perçue par les moralisateurs.

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